Nostalgie
Par Pierre, mardi 15 juillet 2008 à 09:08 : Mes balades ( #187 rss )
J'avais promis à Madame d'écrire un billet sur la balade en 2cv que nous avions organisée au mois de Mai. Finalement, c'est un petit texte sur le concentration préparée par notre club que je vous ai réservé :

"Elles sont bleus myosotis, rouge dolly, gris cormoran, jaune PTT, elles ont 20, 30 ou 50 ans, le temps semble avoir glissé sur leur robe colorée, leurs propriétaires vantent leur simplicité, leur vaillance, leur faible coût d'entretien et parlent entres eux de détails techniques où il est question de batteurs, frotteurs, AC 311, bayadères, joint caoutchoucs... bref, rien de compréhensible.

Elles ont de drôles de noms aussi : France3, Charleston, Cocorico, 007, Dolly, Spot...
Ils sont hilares au volant, certains ne sont pas tout jeune et se souviennent avec tendresse et mélancolie de leur passé, lorsqu'ils étaient assis sur la barre de la banquette arrière pour se grandir, les coudes sur la tige ronde du dosseret avant, entre papa et maman....
Les 28 et 29 Juin 2008, ce fût un jour merveilleux à Gensac-la-Pallue. Ils sont venus, ils sont tous là, avec leurs engins improbables, dont une sans couleur, à la tôle apparente, comme poncée à la main avec des bosses partout. Ah!, celle-là avec ses petites fleurs hippies collées sur la carrosserie, et puis la PTT Break, l'élégante bleue acier dans son jus d'origine, la jaune et noire du Colonel, la bleue amphibie du secrétaire du club, l'élégante charleston, la bourgeoise spéciale des années 80, la camionnette grise du basque à l'accent chantant, celle vitrée de Georges, doyen du club et mémoire vivante de la haute technologie de ce drôle de truc à 4 roues. Bref, ils étaient près d'une cinquantaine à visiter le pays de Goulebenèze, accueillis comme il se doit par Stan, Michel, Bruno, Pascal, Sandrine, Maryse, Alice et les autres ainsi que le Maire de Gensac qui offrit l'appéritif. Même les Bordelais étaient là, si, si ! Et tout cela organisé de main de maître par Christophe le Président calme et débonnaire du club internationnal des Deuch'arentes.
Il y avait parmi eux un gamin d'à peine 20 ans qui venait “d'hériter” du carrosse de sa grand-mère : “je te la donne”, lui a-t'elle dit. Alors il écoute les anciens racontaient la vie de leur petite merveille, à l'époque où l'on pouvait tout faire avec, même dormir dedans, en laissant les banquettes dehors ! ...
Leur petit club de passionnés s'appelle les Deuch'arentes, pays de la terre et de la mer, entre vignes et océan. Ils avaient organisé une concentration dans le comté de Cognac.
Le soleil était au rendez-vous pour faire grossir les raisins et permettre d'ouvrir la toile, car figurez-vous que ces “choses” n'ont pas de toit, mais une sorte de capote que l'on roule pour faire entrer la lumière.

L'odeur du blé mûr, de l'orge déjà moissonné entrait dans l'habitacle par une sorte de demi-vitre basculante posée sur le coude...ces glaces sont automatiques : elles se rabattent toutes seules lorsque vous claquez la portière...Le progrès, quoi ! Et le volant, vous le connaissez le volant ? Une énorme roue de bicyclette qu'il faut savoir maneouvrer, et si vous ne prenez pas garde, vous risquez de vous esquinter les doigts sur la buse du dégivreur en le tournant. L'été quand le soleil chauffe, n'oubliez pas les deux petits chiffons avant d'y poser les mains, vous risquez de vous brûler.

Elles ne roulent pas, elles dansent lorsque vous les suivez sur les petites routes sinueuses entre les vignes à perte de vue et les belles demeures de vignerons; leurs derrières est un peu levé, laissant entrevoir le plancher du coffre. Les roues font ce qu'elles veulent, et dans les virages, l'une découvre toute sa circonférence pendant que l'autre se tasse et disparait sous l'aile. Une sorte d'ovni équipé d'un capot bombé qui vient tomber sur le pare-choc entre deux gros phares dessinés commes des obus.
Le cortège brinquebalait sur le goudron Charentais, des routes étroites bordées de platanes, puis de vignes, encore des vignes..... Les villages tranquilles sommonolaient sur les rives de la Charente dont Louis XIV disait qu'il était le plus beau fleuve de son royaume.
Et puis il y a ce son si particulier du moteur; fermez les yeux, vous le reconnaitrez entre tous, ce grincement pour démarrer. Et puis, et puis, les têtes qui tournent en l'entendant passer dans les rues, les visages des passants qui s'illuminent: “tu te souviens Robert, notre première voiture!”. Cette dame aux yeux embués en les regardant défiler qui se souvenait de quelque chose de précis... autrefois !. Le sourire amusé de ce monsieur qui a dû avoir la même.
Retour au bercail, cette drôle de voiture ressemble si bien au pays qui l'a créée, qu'on a l'impression qu'elle fait partie du paysage. Il parait qu'elle fait se tordre de rire le monde entier ! Même les écolos, dit-on, sont indulgents avec elle, c'est dire !
Voilà, c'était le rallye des Deuch'arentes.... je crois n'avoir rien oublié.... Ah, si son nom à cette voiture.... c'est quoi déjà?"



Commentaires
1. Le mercredi 16 juillet 2008 à 13:47, par pierre 56
2. Le mercredi 13 août 2008 à 20:19, par Catherine
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